Parce que je sentais que j’allais regretter d’avoir choisi un titre de blogue venant d’une chanson d’un artiste que je respecte mais n’écoute pas du tout, j’ai changé.
http://oiseaumoche.wordpress.com/
Déménagée
Finalement mon idée de télé-réalité existe déjà, mais ça passe vraiment à de drôles d’heures, 6h et 3h du matin!
http://www.slice.ca/Shows/ShowsPage.aspx?Title_ID=105450
Vie verte
Je ne suis pas du genre écolo qui monte sur ses grands chevaux, comme une ancienne collègue qui m’avait un jour reproché de trop me maquiller donc de polluer avec les ouates que je jette chaque jour. Par contre, hier, j’ai constaté une chose. Les gens disent qu’il y a de la pollution en ville, ce qui est vrai, mais vivre en ville est beaucoup plus vert que de vivre en banlieue. J’y ai pensé en voyant ma belle-mère nous donner une grosse ‘canisse’ de café de la marque-maison Costco, pas biologique et encore moins équitable. Quand tu vis en banlieue, tu as une voiture, une tondeuse. Ça prend de l’essence. Et ta maison est grande alors tu achètes une piscine, ça prend de l’eau, et du chlore bien sûr. Souvent les gens s’achètent un gym maison, un cinéma maison, parce que tant qu’à devoir rester chez eux pour la payer cette hypothèque, aussi bien d’être bien! Ils achètent en grosse quantité, donc jettent plus d’emballage. Il y a beaucoup moins de ressources communautaires pour acheter des vêtements et autres objets usagés, pas de comptoirs Éco-Quartier. Alors, aussi paradoxal que cela puisse paraître, je me sens plus près de la terre en ville, parce que je suis un moins gros fardeau sur l’environnement ainsi.
Télé-réalité
Peut-être que depuis que j’ai le câble je regarde trop le canal Slice, mais je crois avoir une idée de télé-réalité qui pourrait avoir du succès.
À ce poste, on voit beaucoup d’émission sur les conflits dans le couple, particulièrement autour de l’argent (‘Til debt do us part), des chiens (At the end of my leash), de la planification de mariage (Wedding SOS), ou des fêtes d’enfant (Party Mama). Alors j’ai pensé qu’il pourrait y avoir une émission sur les gens qui ont des conflits avec… leur belle-famille! Comme dans les autres télé-réalité de ce genre, un expert interviendrait pour régler les problèmes.
Et non, je ne m’inspire pas du tout de mon expérience personnelle. Ou à peine. *tousse*tousse*
À qui est-ce que je pourrais m’adresser pour leur faire part de mon idée? Bien sûr, que le réseau de télé soit francophone ou anglophone n’est pas du tout un problème pour moi.
Grosses dépenses!
Après des années à hésiter, parce que vous savez, moi et les dépenses de plus de 100$… je me suis enfin acheté un nouveau manteau et des bottes d’hiver.
Tout d’abord, je dois préciser que j’avais mon manteau depuis 6 ans et qu’il venait de chez Stitches, un magasin qui a la réputation d’être de qualité très moyenne. Vous pouvez imaginer dans quel état il était rendu. Le duvet d’oie s’était tassé et sortait par les coutures. Mes bottes dataient de la même époque sauf que, au cours de ces années, j’ai pris environs 30 lbs réparties un peu partout, y compris dans les mollets. Je me battais chaque matin pour fermer la fermeture-éclair de mes bottes hautes, et les jeans “skinny” qui sont à la mode ces temps-ci me rendaient la tâche encore plus difficile.
Depuis que j’ai vendu ma maison il y a presque 1 an que je me dis qu’il fallait que je fasse ces achats. Sauf qu’il y a eu le mariage qui, si minimaliste fut-il, a coûté autour de 1500$. Puis une période où mon mari et moi étions tous les deux sans revenu, à Noël en plus. Mes économies ont fondu comme neige au soleil. Alors j’endurais mes vieilles bottes et mon manteau.
En plus, j’ai une confession à faire: j’haïs magasiner. Surtout en hiver, quand il faut traîner un manteau, et on sue comme des cochons dans le centre d’achat. Le pire c’est le magasinage de soulier. Quand j’étais petite, ma mère devait me traîner de force au magasin, et souvent je lui faisais honte avec une belle crise. En tant qu’adulte dont les pieds ne grandissent plus, je procrastine cette corvée le plus longtemps possible. Mais bon, presque une décennie, c’était sans doute exagéré.
Et puis, il y a ma phobie de dépenser. Cette peur, je la tiens de ma mère. Je continue à m’en faire avec l’argent même durant les périodes ou je peux respirer un peu plus parce que, selon les mots qu’elle répétait comme un mantra quand j’étais jeune: “faut économiser, parce qu’on sait jamais ce qui peut nous arriver, pis QUAND ça va nous arriver”. Elle était nerveuse dans ce temps là ma mère: travailleuse autonome, élever une ado toute seule, n’importe qui paniquerait. Ce comportement névrosé par rapport à l’argent, elle me l’a transmis, car j’étais à un âge très influençable. Par contre, l’élève a dépassé le maître. J’ai une peur panique de dépenser plus de 100$ parce que je-pourrais-en-avoir-besoin-pour-une-urgence. Une chose que ma mère m’a appris et qui n’est jamais entré dans ma caboche c’est que, quand on est pauvre, il faut attendre les ventes de fin de saison et acheter nos vêtements et nos chaussures de la meilleure qualité possible pour que ça dure des années. Acheter de mauvaise qualité est moins cher sur le coup, mais il faut remplacer l’article tellement souvent qu’à la longue ça finit par coûter plus cher. Je n’ai jamais rien voulu entendre, mes dizaines de paires de ballerines et de faux Converse à 3$ de chez Ardène en sont la preuve.
À 27 ans, j’ai décidé d’écouter ma mère. Je me suis acheté un parka Columbia 2-en-1 en tissus respirable, parce que dans le métro je transpire comme une ménopausée. Valeur 300$, je l’ai payé 200$. Je me suis aussi acheté des bottes Merell, qui sont courtes comme des souliers, plus besoin de me battre avec des fermeture-éclair pendant que mon chien pisse sur le tapis d’entrée parce que je n’ai pas pu le sortir à temps. 84$. Je pensais paniquer, sortir du magasin les mains vide. Mais quand j’ai donné mon vieux manteau et mes vieux souliers Ardène à la caissière et que je lui ai dit: “jette-moi ça à la poubelle, je porte mon manteau et mes bottes pour sortir d’ici!”, ça a été tellement libérateur.
On se sent différent quand on se donne enfin à soi-même ce qu’on mérite. Et franchement je ne pense pas que j’exagère.
I’m alive
Lundi au souper, j’ai entendu mon mari et ses amis parler de ce que seraient leur chanson-thème s’ils étaient des lutteurs.
Je crois que moi, mon intro de lutteuse, ce serait celle-là.
Disturbed – I’m alive
Never again will I be dishonored
And never again will I be reminded
Of living within the world of the jaded
They kill inspiration
It’s my obligation
To never again, allow this to happen
Where do I begin?
The choices are endless
Denying the sin
My art, my redemption
I carry the torch of my fathers before me
The thing I treasure most in life cannot be taken away
There will never be a reason why I will surrender to your advice
To change myself, I’d rather die
Though they will not understand
I won’t make the greatest sacrifice
You can’t predict where the outcome lies
You’ll never take me alive
I’m alive
I’m alive
I’m alive
Change again, cannot be considered
I rage again, dispelling my anger
Where do I begin?
The choices are endless
My art, my redemption, my only salvation
I carry the gift that I have been blessed with
My soul is adrift in oceans of madness
Repairing the rift that you have created
I am not alone, brothers, give me your arms now
The thing I treasure most in life cannot be taken away
There will never be a reason why I will surrender to your advice
To change myself, I’d rather die
Though they will not understand
I won’t make the greatest sacrifice
You can’t predict where the outcome lies
You’ll never take me alive
I’m no slave
Are you feeling brave?
Or have you gone out of your mind?
No more games
It won’t feel the same
If I hold my anger inside
There’s no meaning
My soul is bleeding
I’ve had enough of your kind
One suggestion, use your discretion
Before you label me blind
The thing I treasure most in life cannot be taken away
There will never be a reason why I will surrender to your advice
To change myself, I’d rather die
Though they will not understand
I won’t make the greatest sacrifice
You can’t predict where the outcome lies
You’ll never take me alive
I’m alive
I’m alive
Anniversaires
Aujourd’hui, deux anniversaires: l’un joyeux, l’autre triste.
Le joyeux, c’est que Moustachu célèbre ses 25 ans. Je ne peux plus dire que je suis mariée avec un p’tit jeune! Pour l’occasion, nous faisons un souper kétaine dans cette institution Hochelaga-Maisonneuvienne qu’est le Jardin Tiki. Plus de 10 personnes sont attendues. Le code vestimentaire: chemises Hawaiiennes, coton ouaté avec un loup, ou vestes en jeans (j’ai choisi cette option, ma chasse au loup ayant été infructueuse, même au Village des Valeurs). À nous le buffet chinois dégueu et les gros drinks dans des ananas ou des noix de coco avec un ‘ti parasol en papier. Après le repas, nous continuons la kétainerie au bowling juste à côté!
Le triste, c’est le 1er anniversaire du suicide d’une de nos anciennes collègues. Nos bureaux étaient face-à-face. Une fille qui se donnait corps et âme à la compagnie, même si avec la tâche monumentale qu’elle accomplissait, elle aurait mérité le double de son salaire. Lesbienne, tout à fait assumée, tout le monde au bureau connaissait sa fiancée. Elle était toujours de bonne humeur, mordait dans la vie, faisait du camping, du parachute, des voyages dans le Sud. Bref, la dernière personne de laquelle on se serait attendue qu’elle s’enlève la vie, puisqu’elle en était pleine.
Quand certaines personnes me demandent pourquoi ça m’a tant marquée puisque je ne l’ai connue que trois mois, et même je dois dire qu’on ne s’entendait pas si bien que ça. Il y a deux raisons.
Premièrement, parce que comme je l’ai mentionné c’était très inattendu. Souvent les gens disent que je suis très pessimiste, qu’ils s’inquiètent pour moi. Justement, c’est la raison pour laquelle ils ne devraient pas. Quand quelque chose ne fait pas mon affaire, ou que je suis déprimée, je chiâle, j’agis. À mon ancien job, quand j’ai vu comment ils traitaient leurs employés, je suis partie en claquant la porte. Pas elle. Elle se taisait et encaissait, en se cachant derrière un masque de personne joviale et bien dans sa peau. Ajoutons à cela les choses qu’on ne sait pas, entre autre, je devinne, le fait d’avoir été une ado lesbienne dans une petite ville, ce qui a dû laisser des traces. Oui, je passe pour une fille qui se plaint tout le temps, et vous savez quoi? Tant mieux! Ca veut dire que fais sortir le méchant. Je ne laisse pas la merde s’empiler jusqu’à ce que ça me sorte par les oreilles et que j’explose. Mieux vaut plusieurs petits geysers qu’un supervolcan. Ce suicide d’une simple connaissace a pour moi été une révélation que mon attitude était la bonne.
Deuxième raison, un peu plus spirituelle celle-là. J’ai bien entendu appris la malheureuse nouvelle par Facebook. Dans le groupe créé pour honorer sa mémoire, la fiancée en deuil a révélé la date et l’heure du décès. Et il s’agissait du moment exact où Moustachu a fait allusion au mariage, de façon plus que maladroite, mais on s’en fout, c’était mignon. Nous revenions de fêter son anniversaire dans un bar, et étions incapable de dormir, alors nous parlions de tout et de rien. Il m’a dit “t’es pas baptisée toi, je pense… ya pas moyen que tu puisse le faire? pour que… tu sais… on puisse…” et il n’avait pas pu terminer sa phrase correctement, elle s’est finie en son premier “Je t’aime”. Pauvre chou, il croyait que tous les mariages devaient se faire dans une église catholique! Il en a fait du chemin depuis, nos noces au palais de justice de Montréal en sont la preuve. Quand j’ai appris que notre ancienne collègue était décédée à ce moment précis, j’ai presque regretté de ne pas croire en quelque divinité. Certains en entendant cette anecdote m’ont dit qu’elle “venait d’arriver en haut et faisait sa première job en tant qu’ange”. Excusez-moi mais c’est nunuche. Même dans des moments comme ça, je demeure athée jusqu’à l’os. Par contre, j’ai pensé à l’alchimie et à la loi de l’équivalence: pour obtenir quelque chose, il faut sacrifier quelque chose de même valeur. Pendant que, quelque part, une femme perdait son amoureuse de la pire façon qui soit, une autre obtenait un amoureux pour la vie.
Ça y est, je dois aller recommencer mon maquillage kétaine des années ’80.
2012
Je viens de comprendre cette fameuse apocalypse soi-disant prédite par les Mayas. Ce sera un retour au Moyen-Âge. Pensez-y: des organisations fondamentalistes chrétiennes d`extrême droite qui ont les moyens de faire passer leurs publicités durant le SuperBowl (alors qu`une organisation humaniste de gauche comme Parenting Beyond Belief ne pourrait même pas en rêver), et une élection présentielle en 2012 où Sarah Palin risque d`être élue …. ça me fait presque souhaiter que la terre tombe dans un trou noir.
Ceci est mon texte sur Facebook pour le magazine Urbania. Je n’espère pas être choisie car mon écriture est un peu rouillée, mais on ne sait jamais.
On s’compare, on s’désole!
Avant Facebook, je m’acceptais. La trentaine imminente. Le petit boulot habituellement occupé par des étudiantes qui ont une décennie de moins. Le logement trop petit et trop cher. Le chum encore étudiant au bac et qui songe à continuer jusqu’en maîtrise. Notre mariage express au palais de justice pour des raisons d’assurances dentaires et de prêts et bourses. Les premières pattes-d’oies. La cellulite. Toutou qui ne demande toujours pas la porte même si, en années-chien, il a mon âge. La belle-mère et les grands-mères qui vous demandent c’est pour quand le bébé parce qu’à mon âge elles en avaient déjà 3. Le constat qu’un bac en littérature, c’est ce genre de vie là que ça donne, mais que voulez-vous, à 18 ans, je l’savais pas.
Oui, j’acceptais tout ce gros kit. J’avoue que j’en étais même un peu fière. Fière de ne pas exister en deux millions d’exemplaire dans la province, de ne pas vivre dans un bungalow préfabriqué avec deux VUS dans mon abri tempo, une piscine hors-terre, un cabanon et 1.5 enfants. Être un peu loser, ça me donnait un petit genre.
Depuis Facebook, on me bombarde de la vie des autres. Des annonces de grossesses, parfois la deuxième ou la troisième, et ce venant de gens de mon âge ou plus jeunes. Des échographies en direct via le cellulaire. Des photos de maternité professionnelles, avec papa qui promène des petites bottines de bébé sur le ventre la maman vêtue de lingerie fine, ou parfois pas vêtue du tout. Des mariages tout droit sortis d’un magazine, et les filles qui disent comment elles ont a-do-ré le planifier. Des achats de maison, avec photos à l’appui pour voir l’évolution des travaux. Les mères qui travaillent à temps plein mais écrivent dans leur statut que leur congélateur est déjà plein pour Noël de l’année prochaine et qu’elles partent aider à Haïti.
Avant, je n’aurais pas eu des nouvelles de ces gens. Je ne connaîtrais pas la vie de 300 personnes. Peut-être aurais-je revu les gens du secondaire au dixième anniversaire de notre graduation, su qui était marié, qui avait des enfants. Pas de détails, pas d’échographie, de décompte jusqu’à l’accouchement, et de photos de la noce qui coûte 2 ans de mon salaire. Le lendemain je n’y aurais plus pensé et je serais retournée dans ma vie de jeune urbaine névrosée trop cassée pour penser à avoir une vie. Avec Facebook, on m’écrase ces choses au visage jour après jour. Comme au primaire quand les petites filles riches paradaient leurs belles robes de princesses alors que les miennes étaient faites des vieilles jupes de hippie de ma mère.
Le pire c’est qu’avant, je ne voulais pas tout ça. Pire, je crachais dessus. J’ai toujours préféré les chiens aux bébés. J’apprécie de ne pas avoir à passer mes fins de semaine entre les rénovations et le gazon à tondre, et de toute façon je ne conduis pas alors la banlieue ce serait difficile. Je sais très bien après plusieurs tentatives que les emplois de bureau ne sont pas faits pour moi. Et même enfant je trouvais que les gros mariages ressemblaient à des freak shows. Alors n’allez pas croire que c’est de l’envie. Plutôt de la culpabilité, non seulement de ne rien avoir de tout ça, mais de ne pas le vouloir du tout.
Et ne me dites surtout pas de supprimer mon compte Facebook. Mes cochons sur Farmville mourraient de faim.
Bonjour 2010…
Pardonnez mon absence, elle n’était pas due à une panne d’Internet mais bien à de la paresse totale durant les vacances. On n’avance pas dans la vie en jouant à Farmville, mais c’est moins fatiguant pour les neurones que d’écrire. Moins difficile de se créer une ferme virtuelle que de se confronter à soi-même. Je dois toutefois accepter que l’écriture me rends complète. Quand on est fucké et qu’on ne crée rien, ou au moins que l’on ne s’exprime pas, c’est selon moi un peu pathétique. Mais bon, c’est juste moi.

